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Micro ou réel : quel régime pour un freelance ?
La question que tout indépendant se pose au démarrage — et chaque année ensuite. Bonne nouvelle : il existe une règle simple pour trancher, sans se noyer dans les tableaux.
Mis à jour Juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Pour un freelance, le micro est souvent le bon choix : tu vends surtout ton temps, tes charges sont faibles.
- La règle : compare tes charges réelles à l'abattement forfaitaire du micro (34 % des recettes en BNC).
- Charges < abattement → micro gagne (et c'est plus simple). Charges > abattement → réel gagne.
- Au-delà du seuil du micro, le réel devient obligatoire.
1. La règle en une phrase
L'abattement forfaitaire du micro (34 % en BNC) est censé représenter tes charges « à la louche ». Donc :
Si tes charges réelles sont inférieures à 34 % de tes recettes → le micro est plus avantageux. Si elles dépassent 34 % → le régime réel (déclaration contrôlée) te fait payer moins.
C'est exactement l'inverse du poker, où le micro est un piège (le brut encaissé est énorme face au bénéfice). Un freelance, lui, vend son temps : ses recettes ≈ son bénéfice, l'abattement suffit le plus souvent.
2. Un cas chiffré
Prenons un freelance en BNC avec 40 000 € de recettes dans l'année. L'abattement micro de 34 % vaut 13 600 € : c'est ton « seuil de charges » de bascule.
| Tes charges réelles | Base imposable au micro | Base imposable au réel | Qui gagne |
|---|---|---|---|
| 6 000 € (peu de frais) | 40 000 − 13 600 = 26 400 € | 40 000 − 6 000 = 34 000 € | Micro |
| 13 600 € (pile l'abattement) | 26 400 € | 40 000 − 13 600 = 26 400 € | Égalité |
| 20 000 € (grosses charges) | 26 400 € | 40 000 − 20 000 = 20 000 € | Réel |
Tant que tes charges restent sous 13 600 € (34 % de 40 000), le micro t'impose sur une base plus basse et t'évite la comptabilité. Au-delà, le réel reprend l'avantage.
3. Quand le réel s'impose (ou devient malin)
- Tes charges dépassent l'abattement : sous-traitance, gros matériel, local/coworking, déplacements importants. Voir la liste des charges déductibles.
- Tu dépasses le seuil du micro : au-delà, le réel devient obligatoire.
- Tu veux déduire tes vraies dépenses et piloter ta rémunération (là, la question devient aussi celle de la structure — EI, EURL, SASU).
4. Comment trancher pour de bon
La théorie pose la règle ; tes chiffres tranchent. Le simulateur freelance compare ton net micro vs réel, et le comparateur va plus loin (EI réel / EURL / SASU) si tu envisages une société.
Questions fréquentes
Je débute, je prends quoi ?
Le micro, dans l'immense majorité des cas : simple, peu de charges au départ, et tu bascules au réel le jour où tes charges grimpent. Le contraire (réel puis micro) est plus lourd.
L'abattement, c'est 34 % pour tout le monde ?
Non : 34 % en BNC (prestations intellectuelles), 50 % pour les prestations de services BIC. Voir BNC ou BIC : dans quelle catégorie es-tu ?
Changer de régime, c'est compliqué ?
Le passage au réel se fait sur option (ou automatiquement au-dessus du seuil). L'option a une durée minimale — anticipe avec un comptable pour ne pas te bloquer.